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👤 Clara SOLARO

💼 Rédactrice scientifique

👨‍🎓 Docteure en Géologie spécialisée en volcanologie, pétrologie et géochimie magmatique

Clara SOLARO, Rédactrice Scientifique chez FI Group et Docteure en Géologie, nous parle de son parcours. Découvrez-le dès maintenant.

Peux-tu nous présenter ton parcours ?

J’ai tout d’abord fait une licence en géologie à l’Université de Palerme (Italie), puis un master dans le même domaine, spécialisé en Gestion des Risques Naturels, à Paris (IPGP, Université Paris Diderot 7).

Ensuite, j’ai réalisé un doctorat à l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) que j’ai soutenu en 2017. Mes recherches portaient sur l’étude des dynamiques des réservoirs et des zones de stockage magmatiques, via une approche pétrologique et géochimique. Je me suis spécialisée sur les volcans des Antilles, notamment ceux de l’île de la Dominique.

Qu’as-tu fait après ta thèse ?

Après ma thèse, je suis partie en post-doc pendant un an, à l’Université Manoa d’Hawaii (Honolulu) pour étudier le volcan sous-marin Loihi. À la suite de celui-ci, j’ai décidé de quitter le monde de la recherche et de revenir en Europe.

J’ai choisi d’orienter mes recherches d’emploi vers le monde de l’entreprise, car j’avais besoin de savoir que mon travail servirait quotidiennement aux demandes d’une personne précise (par exemple, un client). Cela n’est pas le cas dans la recherche fondamentale en géologie, et surtout dans la volcanologie. Mon travail de recherche se focalisait en effet sur un sujet pointu et spécifique, ciblant un environnement et un public très restreint. En conséquence cela me donnait l’impression d’être isolée du monde extérieur et peu impliquée dans les enjeux sociétaux actuels.

Lors de mon doctorat et de mon post-doc, j’ai beaucoup apprécié les phases de divulgation et de rédaction scientifique (mémoire, articles scientifiques, posters). C’est donc tout naturellement que j’ai tourné mon choix vers le métier de rédacteur scientifique. J’ai d’abord exercé en tant que rédactrice freelance pour une compagnie espagnole sous-traitant la rédaction. Le travail me plaisait beaucoup, mais télétravailler seule, loin des équipes de consulting me faisait ressentir un certain isolement.  

En 2019, j’ai donc décidé d’étendre mes recherches vers les cabinets de conseil en CIR. C’est comme cela que j’ai rejoint l’aventure FI Group.

Pourquoi avoir fait un doctorat ? Que souhaitais-tu faire après celui-ci ?

J’ai fait une grande partie de mes études en suivant ma passion pour  le monde de la recherche, l’étude la Terre et ses phénomènes et, plus spécifiquement, les éruptions volcaniques sans réellement me poser de questions sur l’applicabilité professionnelle de mes études. J’ai donc choisi ma thèse par pure passion et poussée par la motivation de faire une carrière scientifique dans ce domaine. A l’issue de ma thèse, je me suis rendu compte que certaines facettes de la carrière en recherche fondamentale me posaient problème, notamment la précarité des premières années de carrière souvent induite par les nombreux contrats à temps déterminés. .

Peux-tu nous expliquer ton métier de rédactrice scientifique et tes responsabilités au quotidien ?

Le métier de Rédacteur Scientifique consiste principalement à rédiger les fiches décrivant les projets de R&D&I des clients. Cette rédaction a pour objectif de mettre en avant le caractère scientifique/innovant d’une opération de recherche, donc son éligibilité. Cela passe par sa description de manière précise et quantitative via un langage technique mais également simple, concis et compréhensible quel que soit le niveau d’expertise de lecteur.

Ainsi, le rédacteur participe aux phases d’audit technique et aux différentes étapes de la rédaction des fiches constituant le dossier justificatif final.

Je dirais que ma principale responsabilité est de réorganiser et structurer les informations que le client nous donne, en mettant en avant les points saillants d’un dossier, le caractère technique et scientifique des travaux menés.

Aussi, un Rédacteur scientifique se doit de mettre constamment à jour ses compétences de rédaction et de recherche bibliographique et ses connaissances techniques de la recherche. Cela permet de de pouvoir être à connaissance des techniques et des innovations face aux clients.

D’un point de vue humain, le travail du rédacteur ne peut se faire sans une implication continue dans les missions des équipes et une interaction avec les différents consultants, notamment lors des différents débriefings nécessaires au début d’une nouvelle rédaction. .

La dernière responsabilité, et pas des moindres, et de savoir maintenir le bon rapport qualité-quantité : être assez rapide dans la production rédactionnelle, tout en gardant une excellence de niveau de rédaction dans le rendu final.

Qu’est-ce que le doctorat t’apporte dans tes fonctions quotidiennes ?

Le doctorat apporte trois compétences, que j’utilise au quotidien dans mon métier : la technique de rédaction scientifique, la recherche bibliographique pour réaliser un état de l’art et l’analyse de la documentation technique.

En tant que Docteurs, nous partons avec des points d’avance, mais sans nous en rendre compte ! De facto, nous ne savons pas « les vendre » à des entreprises.

J’ai moi aussi rencontré ce souci lorsque j’ai quitté Hawaï. Mon CV comportait une liste de compétences techniques (utilisation de machines techniques tels que le EPMA, MEB, IHPV) et je me suis vite aperçue que ce n’était pas des compétences recherchées en entreprise. J’ai donc fait tout un travail sur moi-même, avec l’aide de mes proches, afin de définir tous mes savoir-faire et savoir-être transférables en entreprise.

N’oubliez pas, la thèse est une expérience professionnelle. Nous n’avons pas que des compétences techniques, mais aussi des compétences de gestion de projet, d’analyse de résultat, de communication et partage de connaissance, d’organisation de planning, etc. Je ne me rendais pas compte de cela, alors que ce sont des compétences importantes en entreprise.

Retravaillez votre CV plusieurs fois, sortez du cadre et du langage de la recherche fondamentale. Expliquez vos expériences comme celles que vous pourriez avoir en entreprise et trouvez les bons mots-clés : cela fera toute la différence !

As-tu des conseils pour les futurs Docteurs ?

Ouvrez-vous à d’autres voies que celles que vous avez imaginées, n’hésitez pas à explorer des axes d’étude parallèle et à diversifier vos compétences ! En une phrase : rajoutez des cordes à votre arc dès le début de votre formation ! Soyez agile !

Suivez des formations, et écoutez les conseils de vos formateurs, car ils peuvent vous apporter d’autres axes ! Par exemple, un de mes formateurs m’avait conseillé de faire une formation en management. J’avais décliné, car je souhaitais rester dans le domaine de la volcanologie. Or, cette formation aurait pu m’apporter quelques connaissances du monde de l’entreprise et une certaine maturité pour ma recherche d’emploi future.

Restez également ouvert à ce qui est associatif, cela permet d’avoir des conseils autres que ceux de votre laboratoire, et de créer d’autres relations.

Mon dernier conseil concerne la création d’un réseau. N’hésitez pas à vous rendre aux forums et aux salons/journées portes ouvertes afin de vous composer un réseau autre qu’universitaire. Cela n’a pas été mon cas et, lorsque j’ai décidé de quitter la recherche publique, j’ai dû faire ce travail tardivement. Je l’ai regretté.

Souhaites-tu ajouter quelque chose ?    

Après mon doctorat j’ai été victime ce que l’on appelle le « syndrome de l’imposteur ».

Je pense que j’ai ressenti cela car j’ai eu un suivi très cadré par mon directeur thèse. Ainsi, une fois Docteure, j’ai eu l’impression de ne pas avoir dirigé moi-même mes travaux de  thèse, d’avoir parfois subi et suivi les choix d’autrui et donc de ne pas avoir développé suffisamment de compétences. J’ai eu une baisse de confiance en moi, ce qui est fortement défavorable à une entrée sur le marché du travail.

J’ai réussi à surpasser cela en parlant avec des amis et en sortant du cadre pur de ma thèse. Je me suis rappelé tout ce que j’avais réalisé durant et au-delà de ma thèse ce qui m’a permis de retrouver confiance en moi.

Je pense que beaucoup de personnes ayant fait une thèse de doctorat ressentent cela. Nous sommes tellement focalisés sur notre thèse pendant 3 ans ou plus, que nous avons l’impression de ne savoir-faire que ça et que nous devons tout à notre directeur de thèse.

Je pense qu’entre la fin de la thèse et le début de notre recherche d’emploi, il est important de prendre un moment pour se ressourcer et prendre du recul. Cela permet de se rendre compte du travail que l’on a fait et de qui nous sommes devenus.

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